Les institutions d’action collective et de droits depropriété influent sur le mode de gestion et d’utilisation des ressources naturelles et, par conséquent , sur l’état de ces systèmes de ressources. Le Programme du CGIAR à l’échelle du système sur l’action collective et les droits de propriété (CAPRi) examine cet impact par le biais des 15 centres du Groupe consultatif sur la recherche agricole internationale (CGIAR) en interaction avec plus de 400 instituts nationaux de recherche agricole et d’universités de pays industrialisés et en développement.
Le programme CAPRi examine les conditions de création et d’efficacité des organisations locales volontaires et des institutions foncières, en relation avec la gestion des ressources naturelles. Ce sujet intéresse tout particulièrement le CGIAR car l’action collective et les droits de propriété ont un impact sur le taux d’adoption d’innovations par les exploitants agricoles, sur la gestion des ressources naturelles ainsi que sur la réduction de la pauvreté. Comme la gestion des ressources naturelles demeure une question de premier plan dans la problématique actuelle du développement, l’élaboration de stratégies viables visant à améliorer la productivité actuelle et future des ressources impose de mieux comprendre leurs facteurs de durabilité. Avant l’existence de ce programme, les problèmes étaient abordés séparément par un grand nombre d’organismes nationaux et les différents centres du CGIAR. Le programme CAPRi, mis en place par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), coordonne ces efforts afin de parvenir à une meilleure compréhension de cette problématique.
L’action collective fait référence à la fois au processus de création et au maintien d’institutions volontaires ainsi qu’aux groupes qui décident d’agir en commun. Le terme « propriété » englobe l’ensemble des ’institutions qui gèrent l’accès à une catégorie particulière de bénéfices. Ce programme prend en compte les trois catégories de propriétés communément admises, à savoir les propriétés d’État, collective et privée.
Les Droits de propriété et l’action collective influent sur les moyens de subsistance des individus. Les groupes ruraux les plus vulnérables et les plus marginalisés n’ont souvent pas accès aux ressources du fait de l’absence de droits fonciers sûrs et de trop grandes contraintes, en termes de temps et de moyens, pour la participation à l’action collective. La sécurité foncière constitue l’atout majeur de la sécurité alimentaire. Elle permet en effet aux pauvres de subvenir à leurs besoins en cultivant des cultures vivrières, en investissant dans des activités plus productives et en utilisant la propriété comme garantie pour accéder au crédit. L’action collective peut contribuer à la réduction de la pauvreté car elle engendre une assurance mutuelle, des possibilités d’activités génératrices de revenus accrues et une meilleure prestation des services publics ainsi qu’un meilleur accès à ces derniers.
Une approche interdisciplinaire, qui conjugue les connaissances et les méthodes des spécialistes en sciences sociales et biophysiques et celles des agents de terrain, est indispensable pour aborder la complexité des interactions entre institutions, ressources naturelles et moyens de subsistance. En favorisant la collaboration entre les centres du CGIAR, les institutions nationales de recherche et les organisations gouvernementales, non gouvernementales et internationales, le CAPRi fait appel à l’expertise nécessaire pour examiner les impacts des changements politiques et institutionnels sur l’environnement et les moyens d’existence. Le programme favorise ainsi la recherche comparative qui génère des biens publics internationaux.
CAPRi a été financé par les Gouvernements de la Norvège et l'Italie, le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), la Banque mondiale, et la Fondation Ford.
Le but ultime du CAPRi est de contribuer à la définition et la mise en place de politiques et de pratiques visant à réduire la pauvreté rurale en analysant et diffusant des connaissances relatives à l’impact de l’action collective et des droits de propriété sur l’efficacité, l’équité et la durabilité de l’utilisation des ressources naturelles.
On distingue trois objectifs principaux, à savoir:
- Le développement de connaissances sur le rôle de l’action collective et des droits de propriété dans la gestion des ressources naturelles et sur leur efficacité dans différents contextes.
- L’identification d’instruments politiques concrets destinés à faciliter et encourager la formation, le meilleur fonctionnement, la capacité d’adaptation et d’évolution spontanée des organisations d’utilisateurs et des institutions foncières, afin de garantir une utilisation optimale des ressources et d’encourager les partenariats entre les organisations locales, les gouvernements, la société civile et le secteur privé.
- Le renforcement des capacités des centres de recherche du Groupe consultatif, des organisations non gouvernementales,des universités et des associations locales.
En raison de leur importance dans la gestion des ressources naturelles et de la lutte contre la pauvreté, de leur priorité politique, de leur pertinence pour la mission du CGIAR et de leur possibilité d’application à différents types de ressources et de régions , les thèmes de recherche suivants ont été identifiés comme prioritaires:
- La prise en compte de plusieurs utilisations ou plusieurs utilisateurs d’une même ressource
- Le changement des relations de marché
- Le rôle accru des femmes dans l’agriculture et les changements démographiques
- La conservation des ressources génétiques
- Le rôle du risque environnemental
- La décentralisation de la gestion des ressources naturelles
- L’adoption technologique
