Le CAPRi a élaboré un cadre théorique simple mais efficace qui permet d’identifier à quel moment et de quelle manière les droits de propriété et l’action collective sont susceptibles d’influer sur l’application des technologies agricoles et des modes de gestion des ressources naturelles, compte tenu de leurs dimensions spatiales et temporelles. Comme le montre le schéma, ceux-ci auront une influence très limitée dans le cas de technologies introduisant par exemple des variétés améliorées pouvant être adoptées par un seul exploitant agricole au cours d’une saison.
Mais si les délais entre l’adoption d’une technologie et l’apparition des profits qui en découlent sont plus longs, les exploitants qui ne disposent d’aucune garantie au niveau foncier, ne seront ni encouragés à innover ni habilités à le faire. Par exemple, les agriculteurs qui louent la terre qu’ils travaillent ne sont souvent pas en mesure d’y planter des arbres ou n’ont pas d’incitants suffisants pour aménager des terrasses.
Lorsque l’on passe de technologies appliquées dans le cadre d’une exploitation à celles fonctionnant à une plus grande échelle, la nécessité d’une action collective s’impose davantage. À titre d’exemple, la lutte intégrée contre les ennemis des cultures implique une action coordonnée sur plusieurs exploitations.
La gestion de la plupart des ressources naturelles se situe dans le long terme et à grande échelle. C’est pourquoi les droits de propriété et l’action collective sont déterminants pour une gestion fructueuse dans le domaine de l’irrigation, de la sylviculture, des pêcheries et de la gestion des bassins versants, tout spécialement s’il s’agit de minimiser d’éventuels impacts négatifs sur des tiers.
Examiner les technologies potentielles dans ce cadre permet de déterminer de manière plus précise si les droits de propriété et l’action collective (ou bien leur absence) sont susceptibles d’être des facteurs contraignants ou favorables dans les choix de ces technologies. Ce cadre offre également des lignes directrices pour la mise en place et la dissémination d’approches adaptées au contexte institutionnel. Par exemple, des pratiques qui s’appliquent à l’échelle d’un paysage rural donné, conviendront davantage là où il existe une solide tradition de coopération, tandis que celles ne générant des bénéfices qu’au bout d‘une longue période ont plus de chance de réussir si la sécurité foncière semble raisonnablement garantie à long terme. Les exploitants sous régime foncier incertain tireront davantage de profits de technologies produisant des résultats à court terme.
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